Septembre était le mois de sensibilisation aux cancers gynécologiques...

Septembre était le mois de sensibilisation aux cancers gynécologiques…

En ce mois de septembre bleu, mois de sensibilisation aux cancers gynécologiques, l’institut Gustave Roussy a organisé le jeudi 21 une réunion débat sur le thème « Mieux comprendre les cancers de l’ovaire ». Oui, vous avez bien lu, c’était la première

Cette réunion a été animée par Alexandra LEARY, oncologue Médicale de l’unité de gynécologie à Gustave Roussy. 

Dr Alexandra LEARY, oncologie à l'institut Gustave Roussy

Crédit Photo : Gustave Roussy

 

Cette réunion a été notamment faite pour changer le point de vue sur les cancers de l’ovaire. En effet, c’est un cancer méconnu, mal compris, silencieux, rare, mais surtout très peu médiatisé. La presse et les médias n’en parlent malheureusement pas…

Néanmoins, beaucoup de choses sont en train de changer. La recherche avance dans le cancer de l’ovaire. Il y a de plus en plus d’attention, contrairement à il y a 10 ans.

 

Voici les thèmes qui ont été abordés. J’ai essayé de vous faire une synthèse, j’espère qu’elle sera la plus claire possible.

 

Sujets abordés lors de La Réunion d'information sur le cancer de l'ovaire

Thèmes abordés lors de la réunion

 

Quelques généralités sur le cancer de l’ovaire :

Il y a beaucoup de cancers de l’ovaire.  Chaque année, on compte près de 4500 nouveaux cas/an. L’ âge médian 62 ans. J’ai bien dit médian, car vous avez certainement pu vous rendre compte que de plus en plus de femmes, mais surtout de plus en plus jeunes sont malheureusement touchées.

 

D’où viennent ces cancers :

Il y a plusieurs origines pour le cancer de l’ovaire. Il peut provenir :

  • des cellules d’origine
  • de la surface de l’ovaire
  • de la surface de la trompe
  • de la surface du péritoine.

 

Quels sont les symptômes

 Ils sont très vagues. Voici quelques exemples de symptômes :

  • gêne abdominale
  • augmentation de volume de l’abdomen
  • modification du transit
  • troubles urinaires…

Il y a beaucoup de symptômes. Ils sont souvent assimilés à des problèmes digestifs, de transit… C’est la raison pour laquelle ce cancer est difficile à être détecté à un stade précoce.

 

Pourquoi ne peut-on pas le dépister à un stade précoce?

Le dépistage n’est pas facile. Ce cancer est non détectable à l’examen, il ne peut pas se voir. Aucun test ne permet de détecter de manière fiable à un stade précoce le cancer de l’ovaire.

 

Quels sont les facteurs  à risque :

Il y a néanmoins plusieurs facteurs de risques, comme :

  • les risques hormonaux : la puberté précoce (10 à 12 ans), la ménopause tardive (>55 ans), la nulliparité ou une  1ère grossesse tardive (>30 ans).
  • les risques génétiques : il s’agit du gêne BRCA. Les personnes  porteuses d’une mutation héréditaire du gêne BRCA ont plus de risque d’être touchées. Si la personne a une mutation BRCA1, elle aura 40% risque de développer un cancer de l’ovaire. Pour les personnes ayant une mutation BRCA2, le risque est porté à 10%.

 

Quelles sont les préventions pour ces personnes ayant une mutation du gêne?

Cette prévention portera sur les seins.

Un dépistage précoce du cancer du sein sera effectué, c’est à dire une surveillance rapprochée et efficace (mammographie/IRM).

Pour une femme ayant une mutation du gêne la surveillance des ovaires n’est pas efficace.Il faut donc avoir recours à une  chirurgie préventive! Celle-ci sera proposée après le projet parental , à partir de 40 à 45 ans. Il s’agit d’une chirurgie « prophylactique ».

Pour les femmes mutées, la chirurgie (ablation des ovaires et des trompes) à un âge adapté diminue le risque de 90%.

 

Gêne BRCA, qui teste-t-on?

La première personne d’une famille testée pour la recherche d’une mutation BRCA est une patiente avec un cancer du sein ou de l’ovaire.

Le test est proposé à toutes les patientes avec un cancer de l’ovaire (ce qui n’était pas le cas il y a 10 ans). On estime que 15% des cancers de l’ovaire sont liés à cette mutation, peu importe l’âge, peu importe les antécédents familiaux.

Il faut faire ce test, je vous le recommande vivement!!!!! Déjà, pour soi-même, connaitre l’origine de ce cancer, mais surtout pour les autres. Il sera beaucoup plus facile de les surveiller mais également de les protéger.

 

Je vous ai présenté les informations à savoir sur le cancer de l’ovaire. Une fois le diagnostic posé, il faut maintenant se soigner.

 

Comment est pris en charge le cancer de l’ovaire :

Comme je vous le disais, la plupart des patientes ont des symptômes digestifs, souvent vagues. 75 à 80% des patientes présentent un stade avancé. Il y a 4 stades dans le cancer de l’ovaire, et le plus souvent, les personnes sont souvent à un stade 3 voire 4 (tiens le dernier ne m’est pas inconnu!)

Pour le cancer de l’ovaire, la chirurgie et la chimiothérapie vont de paire. 

L’équipe médicale se rassemble et discute du dossier et du protocole en réunion pluridisciplinaire.

Tout d’abord, il faut savoir si la maladie est opérable dès le début. Sinon, il faut faire de la chimiothérapie, puis une chirurgie et encore de la chimiothérapie. 

Les chirurgiens préfèrent le plus souvent commencer par la chimiothérapie, afin d’avoir une résection complète après la chirurgie, et ainsi éviter la récidive.

Sachez que chaque programme de soin est personnalisé. Ce que je trouve assez logique car chaque patient est différent! Je ne m’étendrais pas sur les produits de chimiothérapie, je vous avais fait un article que vous pouvez retrouver ici.

Enfin, les cancers de l’ovaire sont sensibles à la chimiothérapie. Je me souviens pour ma part qu’après ma première chimiothérapie, mon CA125 (marqueur tumoral) avait baissé très vite! Mais pourquoi?

  1. les cellules de cancer de l’ovaire se multiplient, la chimio attaquent les cellules qui se divisent, mais surtout qui se divisent vite
  2. les cellules de cancer de l’ovaire ont des défauts de réparation. Les cellules meurent. Elles n’arrivent pas à réparer les dommages induits par la chimiothérapie.

 

Enfin, la chirurgie doit être complète. Ce qui est assez traumatisant pour une femme. Elle comprend l’ablation des ovaires, des trompes, de l’utérus, et certainement d’autres organes susceptibles d’être touchés (en prévention). Dans la réalité, c’est beaucoup plus…

 

Après le protocole de chimiothérapie + chirurgie, il nous est prescrit de la chimiothérapie ciblée. Il s’agit de cibler les défauts de réparation de la tumeur. Le BEVACIZUMAB, qui augmente la survie globale par rapport à la chimiothérapie standard. Il y a une bonne tolérance.

Pour les personnes ayant une mutation du gêne BRCA, celle ci enlève le mécanisme de réparation. Les tumeurs ont un défaut de réparation. La patiente recevra donc de l’OLAPARIB, qui est un inhibiteur de PARP. L’Olaparib tue de manière sélective. Et c’est très  efficace contre les cancers de l’ovaire avec une mutation du gêne. Il est prescrit pour les patientes en cas de rechute, je vais donc croiser sa route!

 

 

Que fait-on autour du cancer de l’ovaire, où est le mois du cancer de l’ovaire?

Il y a 5 ans, la première journée mondiale du cancer de l’ovaire est née, et a lieu le 8 mai.

Il existe le programme de recherche clinique sur les essais des cancers gynécologiques, ARCAGY GINECO.

Des programmes de soutien et d’accompagnement existent également:

  1. IMAGYN : c’est un groupe de patientes des tumeurs gynécologiques
  2. des ateliers bien être : soin, thé, massage des mains, moment de cocooning 
  3. programme « Mieux vivre son cancer » à. Gustave Roussy
  4. mieux gérer les toxicité des traitements : programme (CAPRI, VIVROVAIRE séquelles à 5 à 10 ans après la fin des traitements, détection précoce de neurotoxicités, laser pour  sécheresse vaginale)

 

A ma petite échelle de blogueuse, j’ai eu le plaisir de pouvoir distribuer ce même jour, des trousses de soin et de maquillage à 50 patientes de Gustave Roussy, grâce à la générosité des partenaires. Ce fut un très beau moment d’échange et de partage.

Produits offerts grâce aux partenaires du blog Belles contre le cancer

Trousses pour les patientes

 

Alors si nous pouvions toutes à notre petite échelle sensibiliser de n’importe quelle façon à ce cancer sournois, je vous invite à le faire. Et peut être qu’un jour, il y aura « Le mois du cancer de l’ovaire »

 

Je vous invite à lire mon article pour en savoir plus  « la journée mondiale du cancer de l’ovaire ».

Pour en savoir plus sur le gêne BRCA, rdv sur le site de Geneticancer.

 

Je vous dis très vite et prenez soin de vous.

 

 

 

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